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Gutenberg : la première technique d'impression

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Gutenberg : la première technique d'impression
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Sommaire de la formation

Détails de la formation

Dès la fin du 14ème siècle, les moines copistes ont commencé à graver dans une planche de bois des pages entières qu’ils imprimaient ensuite sur des feuilles de papier chiffon à l’aide d’une presse à vis verticale. Ce n’était pas très pratique et assez fastidieux, et il fallut attendre 1450 pour qu’un allemand du nom de Johannes Gensfleisch, qui se faisait appeler du nom de sa mère, Gutenberg, invente à Mayence, avec ses deux associés Johann Fust et Peter Schœffer, l’impression de textes à l’aide de caractères mobiles (d’abord en bois, et rapidement en métal) réutilisables : la typographie était née. Ceci étant dit, c’est une erreur très largement répandue que de penser que Gutenberg a inventé l’imprimerie : la technique de reproduction de documents imprimés existait depuis bien longtemps en Chine et dans les monastères européens. Le tout premier document réalisé par Gutenberg à l’aide de sa nouvelle technique fut la Bible, composée en caractères gothique sur deux colonnes de 42 lignes, comme il était alors d’usage.


Il subsiste aujourd’hui 22 exemplaires connus de la Bible de Gutenberg dans le monde, et un de ces exemplaires a même été entièrement scanné à haute résolution et mis gratuitement à la disposition du public sur Internet à l’adresse www.gutenbergdigital.de.


Le prodige de Gutenberg est d’avoir mis au point une technique qui est restée (à peu de choses près) la même pendant plus de 500 ans :


1 : On commence par graver le caractère à l’envers au bout d’une courte tige d’acier très résistant (poinçon).


2 : On frappe ensuite de ce poinçon une surface métallique plus souple, comme du cuivre. On obtient donc le moule, ou la matrice.


3 : On coule un alliage à base de plomb, un métal encore plus souple, dans la matrice, et on recommence l’opération pour avoir une grande quantité de caractères utilisables que l’on placera ensuite dans un composteur puis dans un cadre pour former les lignes : le marbre.


Les caractères étaient rangés dans des « casses », des tiroirs conçus à cet effet, composés d’un grand plateau de bois divisés en petites cases, chacune renfermant le même caractère ou le même signe de ponctuation. Les capitales étaient toujours rangées en haut du tiroir, et les minuscules en bas, d’où l’appellation typographique « bas de casse », encore utilisée de nos jours. Restons un instant dans le vocabulaire typographique : une majuscule est une lettre capitale placée en début de ligne (aussi appelée capitale initiale) ; toutes les autres lettres de la ligne n’étant pas des bas de casse sont des capitales… Et non pas des majuscules.


4 : Il ne reste plus qu’à placer ce marbre dans une presse, de l’enduire d’encre grasse et de recouvrir le tout d’une feuille de papier blanc, qui sera pressée à l’aide d’un plateau à vis. Cela semble incroyable pour la génération actuelle, habituée au confort du clavier, mais c’est encore de cette manière que l’on imprimait les livres il y a à peine 20 ans de cela ; c’est même encore le cas aujourd’hui chez quelques irréductibles imprimeurs d’art.


Historiquement, cette période est celle de la Renaissance et de l’humanisme : ce mouvement artistique et intellectuel qui vit le jour en Italie avant de venir en France a donné naissance à une écriture qui s’inspirait directement des tracés romains et dans une moindre mesure de la Caroline : l’écriture humanistique. Très naturellement, les premiers caractères mobiles gravés en Italie furent des copies de cette écriture manuscrite, et gardaient l’influence du mouvement de la main dans leur tracé. C’est le cas d’un des premiers caractères italiens, gravé à Venise par le français Nicolas Jenson vers 1470, modernisé par Bruce Rogers en 1913 (Centaur) et numérisé par Robert Slimbach dans les années 90 (Adobe Jenson).


On notera l’utilisation systématique des empattements, ces petits crochets placés aux extrémités des lettres dont le but est d’aider l’œil, organe sphérique, à passer d’un caractère à l’autre très rapidement dans un mouvement rotatif, et d’assimiler facilement et rapidement la forme du mot. Cette singularité de l’écriture humanistique a également été étudiée et documentée par Geoffroy Tory et Léonard de Vinci.