Studio One 5.2
18 janvier 2022

StudioOne, le STAN killer ?

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Développé depuis 2004 sous le nom de K2, Studio One s’est progressivement imposé dans le milieu ultra concurrentiel des STAN, auprès de ténors tels que Cubase ou encore ProTools. Un logiciel bien connu des musiciens amateurs comme professionnels qui a gagné ses lettres de noblesse, en atteste son succès grandissant.

Il rivalise avec Cubase ou encore ProTools voir, par certains côtés, avec d’autres logiciels de création musicale orientés électro tel qu’Ableton… Depuis ses premiers pas en 2004, Studio One s’est taillé une solide réputation dans l’univers très concurrentiel des DAW (Digital Audio Workstation, appelé aussi en français STAN pour Station de Travail Audio Numérique). Une montée en puissance qui s’est affirmée dans le courant de l’année 2017 avec la sortie de sa version 3.5 (actuellement en 5.5). Sa percée sur le marché s’explique par la stratégie de PreSonus. Le fabricant bien connu des musiciens et des ingénieurs sons développent une gamme de produits hardware orienté home studio pour les amateurs comme pour les professionnels relativement accessibles et tous équipés d’une version de Studio One (l’édition Artist en l’occurrence). Et lorsqu’on le sait cet opus est commercialisé seul à moins de 100 $ (400 $ pour la version Professional) et qu’une interface audio de bonne qualité comprenant un bundle logiciel (avec Studio One Artist, Ableton Live et divers plugins dédiés comme certains de ceux d’Arturia, d’Analog Lab…) pour moins de 170 € hors promo, le calcul est vite fait !

Un peu d’histoire

À l’origine, Presonus est un fabricant d’équipements audio destiné aux professionnels. Fondée en 1995 à Baton Rouge (Louisiane), la société américaine a acquis en 2006 la startup allemande KristalLabs Software Ltd créée par d'anciens développeurs de Steinberg, à l'origine de Cubase (voir nos formations Cubase pour le maîtriser sur le bout des doigts). Cette startup proposait un DAW permettant la capture en live et l’enregistrement de session musicale baptisé Kristal Audio Engine. Ce séquenceur et enregistreur audio multipiste doté d’une console de mixage virtuelle deviendra, au fil du temps, Studio One. Conçu autour d’une architecture modulaire, il dispose d’un cœur applicatif présent sous la forme d’un mixeur multipiste et d’un séquenceur audio Waver intégrant le module LiveIn permettant de charger séparément des filtres sur les entrées audio. Après l’absorption par PreSonus, ce logiciel deviendra Studio One. Dès 2012, le fabricant américain accélère sa stratégie de croissance externe rachetant, dans la foulée, Nimbit (une plateforme de service de musique en ligne) et surtout, en 2013, Notion, une entreprise développant des logiciels de notation musicale que PreSonus implémentera dans la version pro de Studio One dont vous pouvez maîtriser les arcanes avec nos tutoriels Studio One.

Studio One, le DAW Killer ?

Les présentations étant faites, revenons à Studio One. Ce qui surprend lors de son lancement, c’est d’abord sa relative fluidité d’exécution et son interface se rapprochant d’un Final Cut. Tout tombe sous la main, l’environnement de production est clair, moderne, offrant de nombreuses possibilités de mastering (un plus !). Il s’organise en trois « vues » :

  • Morceau pour le mixage ;

  • Show pour la captation en Live (une nouveauté depuis sa version 5) ;

  • Projet pour le mastering.

Dessine-moi un morceau 

La vue Morceau offre l’espace de travail principal que l’on attend de tout séquenceur digne de ce nom. C’est ici que les arrangements se font par simple glisser-déposer, que l’on enregistre les différentes pistes audio et midi pour ensuite les mixer. L’outil Crayon permet de facilement créer des lignes d’automation à main levée ou non tandis que les fonctionnalités de rappel du mix offrent la possibilité de créer des scènes pour facilement revenir sur une version du mix tout en étant hautement paramétrable (il est possible de ne rappeler que la visibilité, le volume ou le panning des pistes). La gestion des enveloppes de gain est également de la partie tandis que la version 5 Professional offre désormais un éditeur de partition simplifiée au niveau des pistes MIDI.

Du côté de la console de mixage, l’utilisateur retrouve sous chaque piste divers éléments clés tels :

  • Le réglage de gain d’entrée ;

  • Un bouton d’inversion de phase ;

  • Les effets d’insert et les départs vers les pistes send ;

  • La gestion des retours ;

  • Les choix d’entrées/sorties ;

  • Les boutons Mute, Solo ou Record ;

  • Les groupes et VCA (ces derniers permettant de gérer de façon synchronisée les faders de volume de plusieurs pistes) ;

  • Un encart Mémo afin d’annoter les réglages effectués.

  • La coloration des pistes, l’affichage d’une information particulière ou non sont aussi au menu améliorant nettement la lisibilité lors de la conception d’un morceau disposant de plusieurs pistes.

Studio One vue Morceau
La vue Morceau de Studio One permet d'arranger les pistes simplement et efficacement.

 

À noter la présence de la fonctionnalité Listen Bus, une piste similaire au Bus Master, mais sur laquelle il est possible d’ajouter des effets qui ne seront pas pris en compte lors de l’export des pistes. Utile lorsqu’il s’agit de tester un rendu acoustique différent ou pour les personnes se servant de logiciels de correction acoustique du type de Sonarworks.

En outre, le logiciel est livré avec un package conséquent de plugins d’effets de bonne facture bien qu’ils ne soient pas tous égaux que ce soit des compresseurs, des outils de reverb, de gestion panoramique, d’analyse de spectre des fréquences, d’effets (delay, saturation, reverb à convolution…).

Une version 5 qui fait son show

Grande nouveauté de la version 5, la vue Show, positionnant Studio One comme une alternative intéressante à Ableton Live (que vous pouvez découvrir à travers nos formations Ableton Live). Ce mode intégré au logiciel regroupe l’ensemble des fonctionnalités permettant de réaliser une session en direct live et de la structurer efficacement. Pour cela, l’application se base sur des « exécutants » qui peuvent prendre différentes formes :

  • Piste d’accompagnement,

  • Instrument réel,

  • Instrument virtuel, etc.

Chaque exécutant a la possibilité d’être paramétré indépendamment des uns des autres, de les réorganiser à la volée. Des « Patchs » peuvent être appliqués aux exécutants afin d’ajouter de la reverb sur un morceau de votre setlist par exemple. Studio One apporte d’autres commandes en ce mode, affichable en plein écran pendant le live avec divers réglages au menu : quantité de reverb, niveau de volume, effets, etc. Il manque cependant des fonctionnalités de boucles, mais l’éditeur semble progresser dans ce sens au fil des versions.

Vous avez dit mastering ?

Le dernier mode et pas des moindres, se présente sous la vue Projet consistant à regrouper les outils de mastering pour finaliser un morceau en particulier ou un album complet. Bien que moins avancé que sur Pro Tools, Studio One apporte les principaux outils dédiés à cette étape cruciale, et ce, à travers une interface limpide. Son fonctionnement s’avère assez simple. Il suffit d’importer les pistes et de les organiser sur la timeline pour débuter le mastering. L’interface très visuelle et configurable permet de répondre à la grande majorité des besoins d’analyses nécessaires : spectre de fréquences, sonomètres prenant en compte différentes échelles, mesures LUFS… ainsi que la possibilité d’ajouter des plugins spécifiques. Particulièrement à l’écoute de ses utilisateurs, PreSonus a récemment implémenté dans la version 5.5 actuelle, les outils d’automation que ce soit pour le volume des pistes, du master (des techniques à approfondir avec notre formation mastering) ou tout autre paramètre de n’importe quelles extensions insérées sur les pistes. À cela s’ajoute le bus d’écoute Listen qui permet d’effectuer un monitoring via une sortie séparée avec des effets séparés tout en conservant la sortie Master neutre. Les enveloppes de gain sont désormais disponibles. Bien vu !

Rattraper la concurrence

Tout juste sorti, le dernier opus de Studio One, la 5.5, prend en compte les principales demandes des utilisateurs notamment permettant au logiciel de talonner ses principaux concurrents. Parmi la liste des nouveautés, on peut noter :

  • L’apparition des automations sur la page Project, que ce soit pour le volume des pistes, du master, ou pour tout autre paramètre de n’importe quel plug-in inséré sur les pistes ;

  • Les enveloppes de gain de clip sont désormais disponibles sur la fenêtre principale de vos projets ;

  • Un bus d’écoute Listen disponible sur la page principale des projets, ce qui permet d’effectuer un monitoring via une sortie séparée avec des effets séparés tout en conservant la sortie Master neutre ;

  • L’ajout de l’outil Track Transform qui permet de créer des fichiers de rendu de vos pistes avec chaque effet d’insert et paramètre d’automation imprimés dans le fichier, et ce de manière réversible et non destructive (à l’image du gel de piste d’Ableton Live) ;

  • La fenêtre d’export s’enrichit de plusieurs formats audio pouvant être exportés en une seule fois, sans temps de rendu supplémentaire ;

  • Les nouvelles options Loudness dans la fenêtre Digital Release permettent de définir des valeurs cibles pour la loudness et le true peak pendant l’export ;

  • Un nouvel algorithme de dithering voit le jour et est intégré en natif ;

  • Les fichiers MIDI peuvent désormais être cliqués-glissés sur la piste Accords pour en extraire les données.

 

La grande force de PreSonus réside dans le fait d’être à l’écoute de ses utilisateurs. Des améliorations demandées et exaucées dans cette dernière mouture. Particulièrement intuitif et abordable, disposant de la grande majorité des ténors du secteur tel que Steinberg (Cubase, Nuendo…) ou encore Avid (avec Pro Tools), Studio One a réussi à s’imposer au fil du temps. Une bonne alternative pour ceux qui veulent débuter dans la création musicale ou le podcast et qui permettra de satisfaire des professionnels plus exigeants. Le logiciel existe en trois versions :

  • Prime : avec des fonctionnalités basiques, mais gratuit ;

  • Artist : la version pour les musiciens et les podcasters (à 100 € environ) ;

  • Professional : la version la plus complète intégrant également les outils de Notion pour la création de partitions (400 € environ) ;

  • PreSonus Sphere : une offre mensualisée (moins de 15 $/an ou 165 $/an environ) intégrant la version professionnelle de Studio One ainsi que diverses bibliothèques d’effets, des outils collaboratifs, des masters class exclusives, etc.

 

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