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L'invention de la Capitale et de la Minuscule

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De la Capitale romaine, à la Minuscule caroline
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Détails de la formation

Les étrusques s’approprièrent ensuite l’écriture grecque, et, vers -600, les romains en firent de même, pour aboutir vers -100 à la capitale lapidaire romaine (lapidaire: taillée dans la pierre), un alphabet à la rigueur, à l’élégance et à la perfection inégalées. Un des exemples les plus aboutis, les plus beaux et les plus connus reste l’alphabet ayant servi à l’inscription de la colonne Trajan, en Italie, qui a inspiré la typographie du même nom, numérisée par Carol Twombly en 1989.


Dans le but avoué d’éradiquer la culture des pays et des peuples conquis pour imposer la leur, les romains imposèrent le latin et leur écriture dans tous les territoires conquis. Et quelle écriture: en plus du tracé parfait de leurs lettres, les romains ont perfectionné la lisibilité de leurs messages; ces derniers étant destinés à être lus parfois à de grandes distances et à être facilement intelligibles, ils eurent l’idée de séparer chaque mot par un point à mi-hauteur des lettres et construisirent leurs lettres sur des largeurs différentes (le O et le Q étaient par exemple parfaitement ronds, donc très larges, tandis que le E ou le L étaient très étroits), introduisant de ce fait un rythme dans la lecture.


Les romains développèrent également une écriture destinée à la calligraphie sur papier, la Rustica, soit l’adaptation du tracé des lettres capitales pour un usage à main levée à l’aide d’un roseau taillé en biseau. C’est en utilisant cette calligraphie et en écrivant de plus en plus vite qu’au fil du temps, très lentement, se sont formés les caractères minuscules.


Après d’âpres et sanglantes batailles, le dernier empereur romain dépose les armes face au barbare Odoacre en 476 : c’est la fin de l’Empire romain, et le début de plusieurs siècle de déclin généralisé en Europe, le règne de la loi du plus fort au mépris des règles et autres lois établies par les romains. Les barbares ne respectaient rien, sauf l’église : cette dernière avait fait du latin sa langue officielle et écrivait en caractères romains, et c’est pour cette raison que cette langue et cet alphabet nous sont parvenus. Car pendant que les hordes barbares envahissaient toute l’Europe en détruisant tout sur leur passage, les monastères et autres églises abritaient et recopiaient avec ferveur tous les héritages de la culture passée : dogmes religieux, philosophie, langues, livres sacrés, littérature…


Pendant ce temps, dehors, c’est le chaos pour l’écriture : chaque région, chaque caste développe sa propre écriture par manque de règles et par méconnaissance. La communication est médiocre, et de ce fait l’unification impossible. C’est en tous cas ce que pense le tout jeune roi des francs Charlemagne à son accession au pouvoir en 771. Il ne sait pas écrire lui-même mais a pleinement conscience que ce n’est qu’en établissant une écriture unique et des règles strictes qu’il « dissipera l’ignorance et fera régner l’ordre et la clarté » dans son royaume. Il confie au moine Albinus Alcuin la réforme de l’enseignement et de la grammaire, la restauration culturelle et la création d’un alphabet unique : ce dernier s’inspire alors de l’écriture en usage dans les monastères, héritée de la Rustica, pour créer l’alphabet minuscule que nous connaissons sous le nom de Caroline, qui sera utilisé conjointement avec les capitales romaines inchangées. Les phrases commencent par des majuscules, des points les terminent : la grammaire se met doucement en place.